toufiours subsister, &ne manqueront iamais de matière d'escrire pour vostre gloire & pour vos aduantages. Mais quoy qu ils fassent, & à quelque degré d'excellence qu'ils efleuent les effets de leurs seruices & les preuues de leur affection, fauray toufiours l'honneurde les auoir deuancés, & de leur feruir d'exemple; Et ma plume aura du moins fait comme le crayon de ^Architecte, qui trace fur vn peu de papier le plan de ces superbes Palais, dont l'exauífement se fait âpres de Iafpe & de Porphyre. Cen'estpas,MESSEIGNEVRS, que ie me laíse iamais de Vous feruir, & que si Vous l'aués agreable , ce Traicté ne soit vn iour suiui de f Histoire des Gouuerneurs de vostre Prouince, où ie dois faire voir selon Tordre du temps,1 tout ce que les Annales & vos Archiues peuuent auoir de remarquable touchant les affaires de vostre Prouince & le Gouuernement de ces illustres Heros. C'est en cét Ouurage que ma plume voudroit bien terminer les effets de son obeyísance h mais ma volonté qui ne cognoit point de bornes, pretend de ne les acheuer qu'auec la vie de
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: MESSEIGNEVRS;
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\ Vostre trcs-humble &
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LANGVEDOC
OV IL EST TRAITTE' DE LEVR" Origine y de leur Antiquité > & de »'■■■■ leurs Priuileges.
SOMMAIRE
I. T eWtf Police generale du reurs d'Alemagne 3&* paf tes Saxons.
JL-<- Royaume de Vrance > conforme à V. Pourquoy appelles Campus Marris,
VI- Sont depuis appelles Campus Maij par Pepin. '•' V; «
VII. Leurs autresdénominations*. '■ -
VIII. Sont depuis appelles . P arlamentum : Origine de ce mot., •'■ *
IX. Ils d/jserent pourtant des-Coms de ! Parlement. ■ < *
X. «Sowf aujjt appelle^ MaHus o» Mallurru • 1 - . A" Z. Origine de çc m9k : O* <soìit yi&ít*
A
qu'en Allemagne on appelle Dietes les Eclats Generaux.
XII. Les Ejìats Generaux n efioient anciennement compofez^que de l'Eglise ç> de la Noblesse. Le Tiers Efiatya depuis efiê adjoufié.'
XIII. Les Efragnols appellent les Efiats Braços. -". y
XIV. Les Prouinces de Vrance ont des Efiats particulier s tomme celles de f Em- pire Romain.
X V. Vraye Origine des Efiats particu- liers des Vrouinces de France. X VL Les Efiats de la Prouince de Lan- guedoc different des autres s £> font pro- prement des Efiats Géneraux. X VI1. Us tirent leur Origine des Efiats Generaux des sept Vrouinces des Gau- les 3 eflablúpar les Empereurs Honorius3 &*theodofe.
XVIIL Leur tenuesoubs les Roys úoths. '•'
■ XIX. Les sept Vrouinces des Gaules appellées Pays des Romains 3 durant- la premiere Lignée dcjios Roys. Si les Efiats en efioient conuoqués de ce temps-là. X X. Vne grande partie dessept Provin- ces erigée en Royaumefous le nom d'Aqui- taine y dont les Efiats efioient tenus à Tolose.
XXI. Les Efiats de ce Royaume d'A- quitaine i tenus par Louys le Debonnaire 3 prés de Lyon.;
X XII. Le Languedoc efi appelle Septitnanie3&porte le titre de Royaume. XXIII. Charles le Cbauue tient les Efiats de Septimanie}ou Languedoc à Tolose.
X XIV. On ne t tonnepas que les Efiats
XXV. Les Efiats de Languedoc tenus fur le commencement de U troifiesmcLi* gnée de nos Roys.
X X V1- Sont tenus à Narbonne3 tan M.LXXX.:
XXXV11. Sont tenus aup à Tolofe Tan M. CC XXXIII.
XX V1IL Raymond dernier Comte de Tolose sait mention des Efiats de Lan- guedoc en son Tefiament.
XXI X. Le Pape Clement 1V. conseil' le à Sain fi Louys de prendre aduis des Efiats de Languedoc pour la confiruclion d'Aigues-mortes, O* pour l'efiablijfement defes Coufiumes.
XXX. Outre les Efiats Generaux de la Prouince 3 le Comté de Tolose auoit les sensparticuliers. XX XI. Alphonse frere de Saint! Louys O* mary de leanne Comtesse de Tolofe3 suit appelles. Parlement les Efiats Gene- raux du Languedoc. ■ - ■-»■.-..
XXXII. Le Languedoc yni à la Cou- ronne fous trois conditions. «' *
XXXIII. Dont l'vne efi 3 qùonnen exigera point des impofitions que par toftroy de ses Efiats.
XXXI V. Preuues de ï execution de cette condition.
XXXV. L'oiïroy des Efiats de Lan- guedoc prend son origine de dons qu'on faifoit à nos Roys de lapremiere & secon- de Lignée.
XXX VI. Liberalité des Efiats de Languedoc enuers nos Roys. XXXV11. Leur extrême asfeElion À la Couronne âpres la prise du Roy Iean^ XXXVII /. Ce qu'ils firent pour U deliurance du Roy.
de Languedoc 3 ayent efié tenus fous les^ X XXIX. Gratitude de nos Roys en
derniers Roys de la seconde Lignée 3 non plus que les Efi^s Generaux duRoyaum. 9
uers la Prouince de Languedoc. XL. Le Priuilege du Languedoc de ne pouuoir efire chargé que des impositions.
des deniers oUroyez^ par fes Eflats 3 con- firmé aux Eflats Generaux de Tours 3 te- nus par Charles VI1I. XLI. Confirmé depuis par des Lettres patentes du mefme Roy. XLll. Le mefme Priuilege confirmé par le Roy François I.
XLlll. Proutfions du mefme Roy Fran- çois l. pour taffeurance des Deputez*, en-
uoyez^à £ assemblée des Eflats de Languedoc 3& pour la commodité des lieux ou elle fe doit faire.
XL l V. Vromfìons du mefme Roy 3pour la tenue alternatiue des Efìats de L anguedoc 5 dans les Scnefchaujfées de Tolofè C> de Carcaffonne 3 e> dans celles de Beaucaire 3 O* de Ni fines.
A Nature estant le plus beau des ouurages visibles de Dieu, doit iansdoubte seruir de modele ôcde Patron aux hommes, dans le dessein de leurs plus nobles operations. C'est aussi fur elle qu'a esté copié le plus parfait des Gouuernemens, qui est l'Estat Royal, oìi vn seul Prince represente la Diuinite par l'exercice de la puissance fouueraine, à l'imitation du Soleil, cette Image visible de Dieu, qui regne absolument dans la Nature. Entre tous les Estats Royaux, celuy de la France est le plus parfait 5 parce que la Souueraineté, quoy que la plus absolue dumonde,s'y trouue adoucie par vn temperament politique , qui consserue entiere la liberté des Sujets, ôc ne diminue pas tant soit peu la puiííànce du Prince. Et comme en la Nature on peut dire que la puissance Royale du Soleil est en quelque façon temperée par le pouuoir Aristocratique des Planetes qui dominent autour de luy dans le reste des Cieux, & par le Democratique de ce grand nombre d'Estoilles qui luisent dans le Firmament , bien que leur lumiere & leur vertu ne fubsistent que par vne entiere dependance de ce bel Astre qui les leur communique. De mesme dans la Monarchie de France , encore que tout ce qu'il y a d'Ordres & d'Estats, soit absolument soumis à la souueraineté du Roy , on y peut trouuer le mesme temperament, ôc dire que les Parlemens y font veoir vne Image de l'Aristocratie, ôc les Estats Generaux celle de la Democratie, bien que ceux-là n'exercent la Souueraineté en la Decision des affaires, que par commission, ôc que ceux-cy ne s'assemblent pour deliberer des affaires de l'Estat, que par l'ordre ôc le commandement du Roy,
![[graphic]](http://books.google.hr/books?id=hnhDAAAAcAAJ&hl=hr&ie=ISO-8859-2&output=text&pg=PA3&img=1&zoom=3&hl=hr&q=nosdits&cds=1&sig=ACfU3U1yPUeRDD8cOsCVSIBFxbJUXHbyOQ&edge=0&edge=stretch&ci=60,420,217,187)
au nom duquel toutes choses y font reglées ôc ordonnées. Car ce seroit vn crime de vouloir comparer les Estats Generaux de France , à ceux de certains Royaumes, qui ne laissent au Prince qu'vne puissance imparfaite, ôc vn titre fansauthorité.
Encore que nos Roys Tres-Chrestiens, comme Images de Dieu, puissent d'eux-mesmes ordonner tout ce qui regarde la police de l'Estat 5 comme hommes, ils ne le font pourtant que par l'aduis de leur Consseil,ôc particulierement aux choses oà il s'agist du reglement de la Police generale du Royaume: Car comme il y va de l'interest de tout le corps de l'Estat, ils font, pour en deliberer, vneconuocation de tous les Ordres qui le composent,dont l'assemblée estappellée Estats Generaux du Royaume. II. Nous trouuons que long-temps auan tla naissance de la Monarchie des François dans les Gaules,8c lors mesmequc dansl'Allemagne lieu de leur origine, ils formoient encore le dessein de ces glorieuses Conquestes qui leur ont acquis le premier rang entre toutes les Nations du monde, ils tenoient les Estats Generaux, lors qu'il estoit question de regler la Police Generale du Royaume. Car lors que pour arrester le cours des desordres que les procez causoient parmy eux, ils ordonnerent la composition des Loix Saliques, dont la commission fut donnée à quatre grands Personnages de leur Nation, la chose auoit passé par la deliberation des Estats Generaux : cPlacutt conuenit , dit le Prologue de ces Loix, inter Francos & eorum Proceres, <vt f ros ter seruandum inter se pacis Uudium , omnia increment a 'veterum rixarum resecare deberentï&c. Et il est vray-semblable que de ces mots., Placuit £5* conuenit, est venu que durant les deux premieres Lignées de nos Roys, l'assemblée generale des Estats a esté ordinairement appellée Placìtum ôc Conuentus. Que fi dans ce Prologue des Loix Saliques il n'est pas porté , que la conuocation des Estats fust faite par Pordre ôc le commandement du Roy d'alors, on le doit imputer tant al'ignorance & à la Barbarie du Siecle,qu'à l'Estat douteux ôc incertain d'vne Monarchie qui n'estoit pas encore à demy establie.Car du moins ne fçauroit-on raisonnablement se perfuader , que de ce temps-là l'Estat des François fut vne Republique, puisqu'en diuers endroits de ces Loix, il est parlé du Roy, & que les anciens Autheurs font fouuant mention des Roys François, qui regnoient enuiron ce temps-là.
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