à mon aduis insinuce de par le Seigneur Dieu leur pere protecteur Sc vengeur,qui réd leur Majcstez plus inuiolables, quand on pèse que la temeraire impie té , qui attente sur elles, ne peut demeurer exempte de peines: Prudence particulieicment affectee au successeur: car si entre les particuliers ceux qui nepoursuiuentlalustice de la mort violente deceuxausquelsils succedent,, font declarez indignes de la succession, combien d'aduaníage les Princes sont tenus à la punition d'vn outrage commun à tout l'estat, veu qu'ils ne sedoiuentpaslalusticcà eux-mesmes seulement:mais encores plus au public? Pour ces raisons, comme a esté remarqué au long par le Procureur de la Roynevostre sœur,cít ar. resté par quelques Conciles,què le Roy succeíseur de celuy qui auroit esté tue par ses subiects : afin de purger luy & son Royaume dVn crime si execrable.ait à véger ceste morr, auec autant d'ardeur & danimosité,que si c'eftoit celle de son propre pere.
Maissire,ouest-ce que nous transporte la violence de la douleu r? Comm en t sommes nous entrez en ce discours auquel allants plus auant nous ne pourrions trouuer îfîuc, comme û on auoit ou pouuoit auoir doute que V. M. ne fuil deliberee & disposée
de poursuivre iusques au bout, la vengeance du parricide.L'exccllente bonté de vostre naturel, vostre vertu, le regret dont la cruelle mort du feu Roy vostre frere à comblé vostre araed'honneur qu'auez à ía memoire, &plusieurs autres arguments font mourir tous tels soupçons aussi-tost qu'ils font nez: car dez le moment de vostre aduenement à cestc Couronne,heureux parmy lextrcme malheur, vous ne vous estes pas contente, que vostre volonté vous obligeast à ceste faincte ic pitoyable poursuitte , ains vous-vous y estes voulu lier dadqantage par vn íolemnel serment,tel &c si sacré, qu'il faict partie de celuy de fidelité, que deuez à vostre Royaume. Et ne vous a esté aísez d'y conuier les Princes, Seigneurs &ç Gentils-hommes , qui lors cstoient en vostre armee, ains en ce ferment auflî,les auez voulu conioindreauee vous, &C vous conioindre auec eux. Belle conionction duchesauee ses membres, estroitte alliance du Roy auec ses subiects, faincte liaison du perc auec ses enfans. Nous esperons tous que les effects qu'elle produira seront iustes» te semblables à la cause,de laquelle ils auront prins leur origine. Que dis-ie,oroduira?comme si plusieurs n'estoient jà suiuis : car les batailles? combats 5c sieges 4e villes cfcjuefc
S T R E,l'Europe à recognií les parties , (lesquelles à grande peine separees se trouuent en diuers gráds Capitaines,)toures rasscblees en V. M.nepeuuctrendre preuue de vostre valeur , que par mesme moyen elles ne tesmoígnent vostre pieté enuers le feu Roy vostre írerc.Si ien'en parlois^ce sacré r^mple, auquel nous sommes,le disant à haute voix, condamneroit ce mien silence importun, temple orné des dcípouilles ennemies, & tendu des drappeaux rapportez des plaines d'Iury. Et comme il se trouuc qu'autresois aux funerailles de quelques grands hommes, on a immole des prifonniers,aussiil semble que la prouidence à porté ceste action en ce lieu, à fin d'vnc façó plus humaine, Sc plus conuenable à nostre temps, & à nostre religion,consacrer &c com me immoler à la memoire du feu Roy,ces enseignes captiues.
Dócla demáde& suplicatió devos seruiteurs fedoitèncestendroictplustost rapporter au CÓmandément quVn Empereur Romain faiíoit à ses soldats. A sçauoir téperamment vser de lavailláee,à ce qu'ayant par vostre hardiesse faict paroistre possibles les promesses de ces anciens preux dont les histoires font honorees, te que nous tenions cy-deuant acfc'reuespârla.plumede ceux qui les ont descrites,doresnauarfr,puis que tant est, que le destin enuieux de vostre repos, & ialou semée curieux de vostre gloire,vous donne encores la guerre pour matière &c íubtect de reputation, nèfaffiezpour employer vostre magnanimité, courir fortune à vos autres vertus, &c en fin,si vostre inuincible courage me permet de le dire,vous imitiez plustost ce Capitaine qui disoit auoir honte , dequoy au siege de certaine ville vn traict tiré de deísus les murailles estoitvenu tomberpres de luy,quc celuy qui monstroit sis armes faulsees, percees & rompues ,&c fur son corps les cicatrices de plusieurs blessures. Pensez s'il vous plaistSiRE , que vous n'estes pas seulement Capitaine, mais Roy,mais grand Roy: mais Roy du premier Royaume de la Chrestienté. Considerez que ny ceste Princesse efploree,ny la France ne se promettent apres Dieu guairifon ou amendement en leur mal, que de vostre main Royalle, elle voyant sans vous la mcmoire de son feu Seigneur 8t espoux.subiccte aux trauerfes de la langue & de la plume des mefehants, &c la France fc sentant marquce sur le front d'vn honteux opprobre, quineluypeut estreleuéquepar vous seul, d'ailleurs n est soustenue que par vostre vigueur 5 n'a aucun mouuement quç
celuy de vostre vertu, &envn montant dç milliers d'ames sont encloses & enserrees dás. la vostre seule. Qui faict que chacun a double foin de vostre conseruation, & pour vous qui estes nostre Roy,& pour l'cstat, & lors qu'encourez quelque peril,nous estimós tous nous estre louable de souspirer,& d'aduantage permis d'en faire retentir le son iusques dans vos aureilles. Ce seroit en autre subiect, vne sorte desouspirs trop haukaine , & vne maniere d affection importune, que d'entrer au iuge^ ment de vos actions,& vouloir poser borne à leur excellence: Qu'Espagne l'orgueilleuse comme arrachee de son siege, se iette toute entieresur nous, Quelle foule la terre d'armes & d'hommes, &c couure la mer de vaisseaux, Qu'elle employe tout l'or qu'impitoyable maistreffe iournellementelle preflu-r redesos,&de la mouclle de ses miserables subiects: Pour ce nous ne craindrons aucunement ses efforts,& vostre seule proueíse nous rendra inuincibles. Mais qui nous peut garantir,que cest astre luisant du Royaume lc doiue longuement esclairer dans ceste nuee d'angoisses & tribulations, quand fi souuent vous vous offrez aux dangers , ausquels la trefuemesme, qui auoit mis vos subiects en, quelque espece , ousemblaHce de repos.,n'4
« PrethodnaNastavi » |