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mirable, et vous avez voulu aider, par tous les moyens, à sa plus large diffusion. Délégué régional accrédité par le ministère de la Guerre auprès du 20e corps d'armée, vous vous êtes multiplié, organisant ou donnant vous-même des conférences, fondant des sections de brancardiers, créant de nombreux comités où votre rêve serait que chaque commune, que chaque famille même fussent représentées ils n'étaient que quatre, il y a peu de mois, et vous fondiez, hier, à Flin, le cinquantième. Vous avez pris à tâche d'étendre, de jour en jour, la bienfaisante influence de cette société et vous avez voulu que, dans cette région frontière, plus qu'ailleurs, elle soit prête, maîtresse d'un personnel expérimenté et d'un matériel parfait, à répondre au premier appel, à faire face au premier danger. Aux heures anxieuses que nous venons de vivre, c'était un réconfort aux mères et aux femmes lorraines, ce nous était un réconfort à tous de penser que si l'horrible fléau venait à se déchaîner encore sur notre malheureux pays, grâce aux efforts des conseils de la Croix-Rouge, grâce aux vôtres, Monsieur, nous pourrions du moins espérer que les secours seraient à la hauteur des terribles circonstances. En ces jours d'inquiétude vous avez eu la reconnaissance de tous, et l'Académie de Stanislas ne peut que se féliciter à la pensée que vous continuez dignement, dans cette œuvre humaine et patriotique, le très regretté confrère dont nous sentons toujours vivement la perte et qui donna à la Croix-Rouge les dernières énergies de son âme vaillante, M. le doyen Lederlin.

Tout à l'heure, en vous entendant célébrer avec une

émotion que vous nous communiquiez à tous, les admirables dévouements que l'Académie de Stanislas est heureuse, chaque année, de reconnaître et de récompenser, hier aussi, en relisant cette page magnifique que vous avez su écrire avec votre cœur, mieux encore peut-être qu'avec votre plume, dans nos annales lorraines et françaises de charité et de bienfaisance, je me surprenais à songer. Ma pensée se reportait à quarante-deux années en arrière. Par une mystérieuse attirance, elle évoquait le souvenir d'un prélat, d'un prélat martyr qui succombait, en une sombre soirée de mai, presque à pareil jour qu'aujourd'hui, dans une prison de Paris, victime de nos discordes civiles et de nos luttes fratricides, alors que vous-même, jeune engagé volontaire, offriez généreusement à la patrie menacée l'ardeur de vos vingt ans. Une très honorable alliance allait vous associer intimement à la famille de ce prélat et je sais combien son souvenir vous reste glorieux et cher. Vous avez voulu que son nom demeurât attaché au vôtre et c'est sous la protection de sa mémoire vénérée que vous avez, en quelque sorte, placé votre existence. Vous l'avez noblement vengé, Monsieur, comme il convenait à l'homme de bien et au chrétien que vous êtes, en consacrant votre vie aux œuvres de paix, de charité et de justice sociales qui rendront à jamais impossible, nous l'espérons, le retour de pareils et si douloureux égarements. Permettez-moi, en ce jour, dans cette maison toute proche de celle qui fut sa demeure épiscopale, d'évoquer sa pensée et de vous dire que Mgr Georges Darboy, le grand évêque dont les sou

venirs se perpétuent pieusement dans votre famille, mais aussi dans notre cité, eût été fier de vous. Il applaudirait, avec nous, au généreux effort de votre vie, toute de patriotique prévoyance et d'humaine charité.

COMPTE RENDU

DE L'EXERCICE 1912-1913

Par M. Louis SCHAUDEL

SECRÉTAIRE ANNUEL

MESSIEURS,

Arrivé au terme du mandat que vous lui avez fait l'honneur de lui confier, il reste à votre secrétaire annuel à s'acquitter de la tâche traditionnelle de rappeler le souvenir des confrères décédés, de souhaiter la bienvenue à ceux que vous avez élus pour leur succéder et de donner un aperçu très succinct des travaux accomplis au cours de l'exercice qui vient de finir.

Par une de ces oppositions, qui tiennent à la nature même de notre institution, c'est à un confrère, plus occupé à étudier les anciennes civilisations disparues qu'à suivre les travaux des maîtres de la science, des lettres et des arts modernes, qu'il incombe cette fois le devoir d'écrire cette page de nos Annales. J'en aurais été très embarrassé si je n'avais eu la ressource de recourir aux rapports si documentés de nos Archives. Grâce à ces matériaux de tout premier ordre, il m'a été possible de donner un compte rendu qui,

SERIE VI, t. x, 1912

à défaut d'autre mérite, aura du moins celui de fournir des données puisées aux meilleures sources.

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L'année qui vient de s'écouler a éprouvé douloureusement l'Académie de Stanislas, car la mort nous a ravi deux membres titulaires, M. de Meixmoron de Dombasle et M. Albert Martin; deux anciens membres titulaires, MM. Lafon et Albert Gigot, et quatre associés-correspondants, MM. Frédéric Passy, Henri Poincaré, l'abbé Gillant et Thureau-Dangin.

Deux confrères, MM. Imbeaux et Villard, sont passés, sur leur demande, dans la classe des associéscorrespondants lorrains et figureront à l'avenir parmi les anciens membres titulaires.

Pour combler ces vides, l'Académie a élu : cinq nouveaux titulaires MM. Pierre Parisot, comte Jules Beaupré, Charles Sadoul, Edmond Estève et Paul Souriau; quatorze associés-correspondants, MM. Georges Ducrocq, René Martz, Maurice Pottecher, Émile Hinzelin, l'abbé Eugène Mangenot, Louis Laffitte, baron René Guerrier de Dumast, Couderc de Fonlongue, comte Antoine de Mahuet, Édouard Binet, Lucien Brocard, Gustave Huffel, Dr Henry Zilgien et James Hyde, ce dernier au titre étranger.

Sur l'ensemble de l'Académie, il y a donc une augmentation de quatre associés-correspondants, dont l'effectif est passé de 114 à 118.

M. Charles de Meixmoron de Dombasle, qui nous a été enlevé subitement le 20 juillet 1912, était né

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