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COMPTE RENDU

DE L'EXERCICE 1912-1913

Par M. Louis SCHAUDEL

SECRÉTAIRE ANNUEL

MESSIEURS,

Arrivé au terme du mandat que vous lui avez fait l'honneur de lui confier, il reste à votre secrétaire annuel à s'acquitter de la tâche traditionnelle de rappeler le souvenir des confrères décédés, de souhaiter la bienvenue à ceux que vous avez élus pour leur succéder et de donner un aperçu très succinct des travaux accomplis au cours de l'exercice qui vient de finir.

Par une de ces oppositions, qui tiennent à la nature même de notre institution, c'est à un confrère, plus occupé à étudier les anciennes civilisations disparues qu'à suivre les travaux des maîtres de la science, des lettres et des arts modernes, qu'il incombe cette fois le devoir d'écrire cette page de nos Annales. J'en aurais été très embarrassé si je n'avais eu la ressource de recourir aux rapports si documentés de nos Archives. Grâce à ces matériaux de tout premier ordre, il m'a été possible de donner un compte rendu qui,

SERIE VI, t. x, 1912

G

à défaut d'autre mérite, aura du moins celui de fournir des données puisées aux meilleures sources.

L'année qui vient de s'écouler a éprouvé douloureusement l'Académie de Stanislas, car la mort nous a ravi deux membres titulaires, M. de Meixmoron de Dombasle et M. Albert Martin; deux anciens membres titulaires, MM. Lafon et Albert Gigot, et quatre associés-correspondants, MM. Frédéric Passy, Henri Poincaré, l'abbé Gillant et Thureau-Dangin.

Deux confrères, MM. Imbeaux et Villard, sont passés, sur leur demande, dans la classe des associéscorrespondants lorrains et figureront à l'avenir parmi les anciens membres titulaires.

Pour combler ces vides, l'Académie a élu : cinq nouveaux titulaires MM. Pierre Parisot, comte Jules Beaupré, Charles Sadoul, Edmond Estève et Paul Souriau; quatorze associés-correspondants, MM. Georges Ducrocq, René Martz, Maurice Pottecher, Émile Hinzelin, l'abbé Eugène Mangenot, Louis Laffitte, baron René Guerrier de Dumast, Couderc de Fonlongue, comte Antoine de Mahuet, Édouard Binet, Lucien Brocard, Gustave Huffel, Dr Henry Zilgien et James Hyde, ce dernier au titre étranger.

Sur l'ensemble de l'Académie, il y a donc une augmentation de quatre associés-correspondants, dont l'effectif est passé de 114 à 118.

M. Charles de Meixmoron de Dombasle, qui nous a été enlevé subitement le 20 juillet 1912, était né

à Roville le 10 novembre 1839. Entré dans notre Compagnie, comme associé-correspondant lorrain, le 15 juillet 1887, il fut élu membre titulaire le 17 juin 1889. Notre président vous a dit quelle fut la vie si noblement remplie de l'industriel, de l'agronome, de l'artiste et du fin lettré qu'était M. de Meixmoron dě Dombasle. Je rappellerai seulement que, successivement secrétaire et président de la Société des Amis des Arts, et président d'honneur de la Société des Artistes lorrains, il a publié une série d'articles très remarqués de critique artistique (1), et des notices très documentées sur nos artistes lorrains (2).

La physionomie, si expressive de franchise et de bonté, du confrère que nous pleurons, restera gravée dans notre mémoire; son souvenir est pour nous désormais indissolublement lié à celui de son illustre aïeul Mathieu de Dombasle. Comme lui, il a fait honneur à notre Compagnie et à la Lorraine.

Le 7 août 1912, un nouveau deuil vint frapper

Callot

(1) Du Paysage (Journal de la Meurthe, 1874); jugé par Champflleury (Ibid., 1875); Les Artistes de l'Est au Salon de Paris (Ibid., 1880); Exposition des Beaux-Arts d'Épinal (Ibid., 1881); Nouveaux tableaux du Musée de Nancy (Ibid., 1885); De la restauration des tableaux (Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1890); Du Paysage d'après naLe Paysage dans l'atelier (Lorraine Artiste, 1890 et 1891); Autour du lac de Gérardmer (Annuaire du ClubAlpin français).

ture.

(2) DEVILLY, Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1889; J.-J. GRANDVILLE, Ibid., 1893; E. FRIANT, Ibid., 1895; C.-A. SELLIER, Ibid., 1896; Victor DE BOUILLÉ, Ibid, 1899;

Charles COURNAULT, Ibid., 1904-1905; Claude LE LORRAIN, Ibid., 1902-1903; Aimé DE LEMUD, Revue Lorraine illustrée, 1912.

l'Académie dans la personne de M. le doyen Albert Martin. Dans un discours qui figurera dans nos Mémoires, notre président, en termes éloquents et émus, a rendu les derniers hommages à l'éminent et vénéré confrère si prématurément ravi à notre affection. • Né à Béziers, le 4 septembre 1844, M. Albert Martin vint suivre les cours de l'École des Hautes Études, de la Sorbonne et du Collège de France. En 1879, il est nommé membre de l'École française de Rome. Après trois années passées en Italie, il fut appelé comme maître de conférences de langue et de philclogie grecques à la Faculté des lettres de Dijon, et l'année suivante, j' vint au même titre à Nancy.

Il était déjà membre correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, quand il entra dans notre Compagnie comme associé-correspondant lorrain, le 5 décembre 1902. En cette même année 1902, la Faculté des Lettres de Nancy le choisit pour doyen. Élu membre titulaire de notre Académie, le 21 octobre 1904, il fut appelé à présider nos séances pendant l'année 1910-1911.

L'œuvre littéraire de M. Albert Martin est vaste et ne saurait être appréciée comme elle le mérite dans cette courte notice. En dehors de sa collaboration à la Revue de Philologie et à la Revue critique d'Histoire et de Littérature, il est l'auteur d'une série d'articles extrêmement intéressants du Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio. Les quelques indications bibliographiques qui suivent (1)

(1) Le Manuscrit d'Isocrate Urbinas, CXI; un vol. in-8 de la Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome.

donneront une idée de l'importance des travaux auxquels notre regretté confrère a consacré le meilleur de son temps et de son esprit.

M. Lafon, professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Lyon, est décédé dans le courant de 1912. Il avait appartenu à notre Compagnie pendant cinquante-quatre ans, ayant été nommé associé-correspondant le 14 mai 1858. Élu membre titulaire le 7 janvier 1859, il passa, le 5 janvier 1866, dans la classe des anciens titulaires.

Professeur de mécanique appliquée à la Faculté des Sciences de Nancy, M. Lafon s'occupait de questions très élevées appartenant spécialement à la mécanique céleste. Par ses travaux, il a contribué au développement de la grande découverte de Newton et au perfectionnement de la mécanique des grands corps célestes, progrès qui sont dus surtout aux géomètres français.

M. Albert Gigot, né à Châteauroux en 1835, est décédé le 16 janvier 1913. Élu membre titulaire le 16 mars 1877, il devint associé-correspondant le 23 novembre de la même année, époque où il quitta

Paris, 1881; Urbinas III de la Vaticane, 1881; Les Scholies du manuscrit d'Aristophane à Ravenne. Un vol. in-8, dans la même collection. Paris, 1882; Les Cavaliers athéniens. Un vol. in-8, même collection. Paris, 1886; Quomodo Graeci ac peculiariter Athenienses fœdera publica jurejurando sanxerint. Un vol. in-8. Paris, 1886; Fac-similis de manuscrits grecs d'Espagne gravés d'après les photographies de Charles Graux. Paris, 1891; Les Fouilles de M. Homolle à Délɔs et à Delphes (Mém. de l'Académie de Stanislas, 19041905); Notes sur l'Ostracisme dans Athènes. Paris, 1907.

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